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Un soir, ma fille avait 5 ans, elle a fondu en larmes sans raison apparente juste avant le coucher. Quand je lui ai demandé ce qui se passait, elle a dit : "Je sais pas, j'ai quelque chose dans le ventre." Elle ressentait quelque chose d'intense — mais elle n'avait pas encore les mots pour le nommer. Ce soir-là, j'ai compris que mon rôle n'était pas de la consoler vite — mais de l'aider à mettre des mots sur ce qu'elle vivait.

Pourquoi nommer les émotions est si important

Des neurosciences à la psychologie de l'enfant, toutes les recherches convergent : nommer une émotion réduit son intensité. C'est ce que le Dr Daniel Siegel appelle "name it to tame it" — nommer pour apprivoiser. Quand un enfant (ou un adulte) met un mot sur ce qu'il ressent, la partie réfléchie du cerveau reprend le dessus sur la partie émotionnelle.

Un enfant qui sait nommer ses émotions gère mieux les conflits, s'endort plus facilement, et développe une meilleure relation à lui-même et aux autres.

Les erreurs courantes (et comment les éviter)

Minimiser

❌ "C'est rien, arrête de pleurer pour ça."
✅ "Je vois que tu es très triste. C'est difficile ce que tu ressens."

Résoudre trop vite

❌ "Bon, qu'est-ce qu'on fait pour arranger ça ?"
✅ "Tu veux qu'on reste là ensemble un moment, sans rien faire ?"

Nier l'émotion

❌ "T'as pas de raison d'avoir peur, c'est pas dangereux."
✅ "Tu as peur, et c'est normal. On va regarder ça ensemble."

Un vocabulaire émotionnel adapté à 3-6 ans

À cet âge, commencez par les 4 émotions de base avant d'aller vers des nuances :

Ensuite, vers 5-6 ans, vous pouvez introduire : la jalousie, la honte, la frustration, la fierté, l'ennui, la déception.

Les histoires : le meilleur outil pour parler d'émotions

Aborder les émotions en direct peut être difficile — l'enfant se sent mis en lumière, jugé, parfois honteux. Les histoires créent une distance protectrice. "Bao avait peur" est moins menaçant que "tu as peur". Et pourtant, l'enfant sait très bien que c'est de lui qu'il s'agit.

C'est pour ça que j'ai écrit Bao le Panda en mettant ses émotions au premier plan — pas comme une leçon, mais comme un vécu partagé. Bao est un miroir que les enfants tendent eux-mêmes vers eux-mêmes. Bao le Panda Tome 3 aborde particulièrement bien la colère et la frustration.

Des questions à poser après une histoire

"Le soir où ma fille avait 'quelque chose dans le ventre', on a lu une histoire de Bao. À la fin, elle a dit : 'Lui aussi il avait quelque chose dans le ventre.' Et elle a souri. C'était la tristesse. Elle avait trouvé le mot."
— Jonathan

Des histoires pour traverser les émotions ensemble

Chaque tome de Bao le Panda aborde une émotion ou une situation de vie — sans morale, avec tendresse.

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